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J’aime les treks à thème.
6 :30 h du matin, Temple de Mangyu, vallée de l’Indus au Ladakh: dans la belle lumière du matin, le vieux moine nous accueille entouré de quelques gamins morveux et hilares qui malgré l’heure matinale espèrent bien glaner un stylo. Après avoir allumé les lampes à beurre et quelques bâtons d'encens pour réveiller le vieux Padma Shambhava qui sommeille dans la pénombre, le moine referme la lourde porte en nous gratifiant d'un sourire complice et nous laisse à notre méditation. Les gamins se précipitent aux fenêtres et, le nez collé à la vitre, gloussent de plaisir en observant ces drôles de méditants venus squatter le temple du village. Mais bientôt ils se lassent et retournent à leurs jeux sans plus se préoccuper de nous : nous sommes entrés dans le paysage.
Après notre petit rite matinal, nous reprenons le sentier qui serpente entre les champs d'orge pour une nouvelle journée de marche, tandis que les sommets enneigés s'éclairent un à un, loin, là-bas, vers le Nord…
Itinérance artistique sur le chemin entre Ringmo et Jumbesi, vallée du Solu en pays sherpa. Carnet de note sur les genoux et crayon à l’oreille, notre petit groupe de peintres écoute Robert Faure, maître français de peinture chinoise (Tch’an)* expliquer in situ comment isoler un sujet – le jeu du vent dans les jeunes bambous, la courbure naturelle d’un vieux pin ou les mouvements de l’eau qui joue dans les rochers - pour en saisir l’essence sur un croquis. ‘Selon le dicton japonais, voir et voir sont deux choses différentes…’. Après quelques heures de marche et d’observation, au camp, les apprentis calligraphes sortent pinceaux, encre de Chine et papier de riz pour s’essayer à l’art de la trace, éphémère et sans retouche.
J’aime les treks à thème. On peut bien sûr aimer marcher pour marcher, comme Baudelaire aimait ‘les voyageurs qui partent pour partir’. Mais personnellement j’aime l’osmose de la marche - qui n’est après tout qu’un moyen de se déplacer - avec une activité créative ou ludique qui lui donne du sens : la méditation bien sûr dans le cadre naturel des temples et monastères himalayens, mais aussi le Taï chi, le Yoga, la botanique, le chant chorale ou la peinture chinoise. Comme nous le disait ce moine laotien installé dans le Vercors qui nous envoyait faire quatre heures de marche en poudreuse avant une longue nuit de méditation : « Soit vous vous endormirez et vous ferez de beaux rêves, soit votre méditation sera naturelle et profonde ! ». Car la fatigue physique, en calmant naturellement l’agitation mentale favorise la concentration. Et comme chacun peut en faire l’expérience, la concentration qui est présence à l’instant, est souvent synonyme de bonheur… Fastoche, non ?
* http://www.art-zen.com
Vous pouvez retrouver des treks à thème en Himalaya sur le site Ajantavoyages.com
Jérome Edou
Ce matin du 21 Janvier 09
qui changea la face de l'Amérique et du monde...
jerome@basecamptrek.com
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