Ce qui domine au Rajasthan, c'est une impression d'harmonie: harmonie de l'homme et de cette terre rude où il a su s'adapter, harmonie de cette vie simple qui se cache dans l'intimité des cours ombragées. Les bergers enturbannés de rouge, au regard droit et clair, à la moustache hardie, suivent leurs troupeaux de leur démarche altière, les femmes qui portent les pots à eau ont des allures de princesses.
Lorsque le voyageur pénètre enfin dans la majestueuse citadelle de Jaisalmer qui hantait le désert depuis des lieues, il est immédiatement saisi par le raffinement des façades et la féerie des balcons en dentelle de pierre ocre. Car au Rajasthan, les pierres parlent à l'imaginaire: elles racontent des histoires chevaleresques, de glorieuses épopées mettant en scène d'intrépides guerriers au code d'honneur exigeant ! Même Udaipur la blanche, qui se reflète paisiblement dans ses grands lacs fleuris, fut la capitale d'un royaume farouche et intransigeant.
Et les temples ! On pourrait rester des jours à Ranakpur à contempler l'exubérance de ses volutes ciselées, de ses statues dansantes, rondes et pleines, dans les plis du marbre doux, diaphane. Paradoxe de l'Inde où cohabitent toutes les extrêmes, de ces hauts lieux de la non-violence, au cœur même de la patrie des belliqueux Rajpoutes.
Car le Rajasthan est typiquement, profondément indien dans l'émouvante beauté du quotidien mais cette région possède aussi une personnalité originale et vivace qui mérite d'être approchée intimement.
Librement adaptée de "Rajasthan" d'A. Sorel
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