Lhassa,
Lhassa !
Dans la lumière vacillante des
lampes à beurre, la paisible statue du Bouddha repose
au coeur de Lhassa, dans l'intimité du temple du Jokhang.
Jeux d'ombres et de lumières sur les ors, les cuivres,
les turquoises et les coraux, odeur forte du beurre que des
pèlerins aux visages illuminés de dévotion
portent en file indienne vers le 'saint des saints', le coeur
du Tibet, le temple des temples.
Il en vient de partout de ces pèlerins, à pied,
à cheval, en camions ou même en se prosternant
dans la poussière, à chaque pas, pendant des
jours. Et ce, depuis treize siècles sans discontinuer,
depuis qu'un roi tibétain, barbare et impie, s'est
converti au Bouddhisme pour l'amour d'une princesse venue
avec ses statues de la lointaine Chine impériale.
Dehors, aux abords du temple, la foule grouillante et bavarde
prie ses dieux, négocie son ciel, essaie de survivre
d'une poignée de farine d'orge, d'un morceau de beurre
de yak... et d'espoir.
Lhassa ! Lhassa que tant de caravanes impatientes ont découvert
après mille dangers, mille nuits dans la froidure des
hauts plateaux, mille prières récitées
à la face du ciel. Lhassa, dont tant d'explorateurs
ont rêvé sans jamais l'atteindre. Lhassa que
dominent les vertigineuses façades blanches, ocres
et pourpres du Potala !
Après trente années de présence chinoise,
il ne s'agit sans doute plus d'aller rechercher le Tibet du
Père Huc ou d'A. David-Neel, voyageurs exemplaires
qui, de caravane en caravane, de Tartarie en Mongolie ont
bercé nos imaginations de mille et un mystères,
de merveilleux et de rêve. Ce Tibet -là est mort
mais un autre renaît de ses cendres, moins exaltant
sans doute mais plus réel. Cette énergie du
dénuement, cette âpreté à continuer
d'exister, cette ferveur tenace, paradoxes accablants, constituent
cependant le véritable héritage du Tibet dont
nul ne revient indemne...
Calendrier
des Festivals
A lire article de Jérôme Edou: Kailash: le chemin des nuages blancs (Lama Govinda fut le dernier Occidental à visiter la région du Mont Kailash en 1948 avant la fermeture des frontières...), le festival de Labrang (Perdu au fond d’une vallée improbable du far-east tibétain...) et Yarsagumbu "Fleur l'été, insecte l'hiver" (Tibet de l’Est, massif du Minyak Kangka...)
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