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Trek ou Trail? Deux concepts radicalement différents à la frontière pourtant ténue pour parcourir les mêmes sentiers du Népal.
Que notre préférence aille au trek ou au trail, les découvertes, rencontres et surprises que réserve le Népal reste accessible à tous. Et puis n'y a t'il qu'un esprit trek ou une seule manière de concevoir son trek?
Il y a bien longtemps en Chine, un vieux moine
partit en pèlerinage pour le Mont Wutaïshan, la
demeure de Manjoushri. Vieux et faible, il cheminait tout
en mendiant sa nourriture. Après de longs mois de souffrance,
il aperçut un matin la montagne sacrée dans
le lointain. Il s’abîma un instant dans sa contemplation
et, avisant une femme qui travaillait dans un champs sur le
bord de la route, lui demanda :
‘- Pourriez-vous me dire combien de temps faut-il pour
atteindre le Wutaïshan ?’
La femme lui jeta un coup d’œil, marmonna quelque
chose et se remis à l’ouvrage. Il répéta
sa question plusieurs fois sans obtenir plus de réponse.
Pensant qu’elle était soit folle soit sourde,
il se remis en route.
‘- Deux jours ! ça vous prendra deux jours…!
‘ cria soudain la femme derrière lui. Il se retourna
étonné :
‘- Je pensais que vous étiez sourde. Pourquoi
ne m’avez-vous pas répondu avant ?
- Vous m’avez posé la question alors que vous
étiez arrêté, Vénérable.
J’ai dû d’abord regarder à quel pas
vous marchiez pour vous dire combien de temps vous mettriez
pour atteindre la montagne !’
A l’heure où les agences
de trek s’arrachent les cheveux pour calculer les heures
de marche de leur prochaine brochure, fut donné devant
le Stupa de Boudhanath à Katmandou le départ
de l’Himal Race 07. Arrivée prévue sur
les rives du lac de Phoksundo au Dolpo, après avoir
traversé le Langthang, le Ganesh Himal, le Manaslu,
les Annapurnas, la Hidden Valley et le Dolpo : les amoureux
des treks au Népal – et les autres - apprécieront
!
Je sais, ce n’est pas très ‘politiquement
correct’ de parler de trail dans un journal de trek
mais je n’ai pas pu m’en empêcher car cette
Himal Race a vraiment des mensurations monstrueuses : 22 étapes,
900 km soit plus de 40 km par jour pour un total de 44 000
m de dénivelé positif et 41 000 m de dénivelé
négatif, et le tout en autonomie c’est à
dire avec un sac de 8/12 kg sur le dos !
Bien sûr les premiers vont courir, notamment le petit
groupe de Népalais, hommes et femmes, invités,
qui se partagent toujours les premières places dans
ce genre de course, mais pour la plupart des 30 autres participants
français, ce sera de la course en descente et de la
marche – rapide - en montée… Du trek donc
? Et s’il y a un classement à la fin, l’important
est que tout le groupe rallie ensemble le Dolpo comme le dit
Nil Gurung, directeur de course et serre-fil.
‘- Ce trail risque d’être particulièrement
difficile vu la quantité de neige qui est tombée
ces dernières semaines sur les Himalayas. Le vrai challenge
va être de ramener tout le monde à bon port :
c’est une vraie aventure humaine où la solidarité
entre les participants est la seule vraie valeur qui permettra
à tous de réussir.’
Outre l’aspect sportif, l’intérêt
de ce trail est de montrer qu’il y a encore de grandes
balades inédites à faire en Himalaya même
si la route gagne régulièrement du terrain dans
le massif des Annapurnas. Commencée en 1996, la route
entre Beni et Jomsom devrait être achevée pour
le Nouvel an : 2000 ouvriers, et 300 soldats y travaillent
nuit et jour. En attendant que les quelques kilomètres
de rochers qui bloquent encore la route soient dégagés,
les voitures qui se balancent au bout des câbles véhiculent
les pèlerins indiens de Jomsom au Sanctuaire de Muktinath,
jusque-là accessible uniquement aux trekkeurs.
‘… mais si vous y allez
en voiture, ça vous prendra à peine trois heures’
aurait pu ajouter la femme avant de retourner à ses
oignons.
Jerome Edou
Katmandou, Nov. 07
jerome@basecamptrek.com
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